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La corde de sécu

La corde de sécurité

Par Lionel LAFAY

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Extrait de CANOË KAYAK MAGAZINE / FEVRIER MARS 1995, reproduit avec permission de l'auteur et du journal

La corde en sac, la corde jetable ou plus généralement la corde de "sécu" permet toutes les utilisations qu'offre une corde longue et résistante associée au côté pratique d'un sac permettant de la remiser de la dérouler à la demande, de la lancer. Si elle peut aussi bien servir à cordeler un canoë pour passer un seuil à étendre ses affaires de navigation le soir au camp, sa principale utilisation reste à secourir un descendeur de rivière en difficulté. Très répandue parmi les kayakistes de haute rivière qui l'ont mise au point mais aussi chez les professionnels de l'eau-vive, la corde de sécu est reconnue très efficace sur les interventions de sauvetage mais peut devenir dangereuse si on l'utilise mal. Sans être considérée comme l'arme absolue de la sécurité, elle peut être utilisée par tous dans tous les champs de pratique du canoë kayak et de ses disciplines parallèles (NEV, rafting, aqua-canyon...). Voici quelques données qui vous aideront à choisir ce matériel et à l'utiliser au mieux de ses possibilités.

 

Comment choisir sa corde de sécu

Le sac à corde doit être choisi dans le but d'être pratique, polyvalent et sécuritaire et il est donc important de connaître la qualité de ces matériaux et de ces options.

Le Sac

Le sac, de couleur vive pour être bien repérable dans l'eau doit être en nylon enduit, en polyamide ou en cordura, en toile ou en filet (soit une partie centrale soit un tissu entièrement tressé en filet permettant ainsi un écoulement de l'eau et évitant à la corde de moisir dans son humidité). L'ouverture du sac est primordiale car si la corde doit être accessible rapidement le système de fermeture doit être sûr pour que la corde ne se déroule pas à l'improviste. Nous vous recommandons de faire très attention à ce système de fermeture (la cordelette verrouillée par un tanka est par exemple un système qui fonctionne bien). Pour tester votre système de fermeture : prenez la boucle du côté qui doit être envoyé, faites de grands moulinets... la corde doit rester dans le sac. Le sac doit être plus long que large avec une ouverture évasée permettant ainsi de relover la corde plus facilement. Pour éviter que le fond du sac s'arrache à la première utilisation (lorsqu'un de vos amis s'y accrochera désespérément) celui-ci peut être renforcé avec une sangle qui cerclera le fond et le sac répartissant ainsi la charge.

La corde

La corde doit répondre aux caractéristiques suivantes : flotter, être visible, résister à l'usure, résister à la traction (1000 Kg et plus), sécher rapidement et ne pas avoir tendance à moisir, être souple.

Les cordes sont généralement réalisées en polypropylène de diamètre 8 mm, 10 mm ou 12 mm. Les avantages du polypro sont sa flottaison, sa souplesse, sa légèreté et sa bonne résistance (1050 kg pour un Ø de 8, 1300 kg pour un Ø de 10 et 1 900 Kg pour un Ø de 12), mais il a les défauts d'être très sensible à l'abrasion, aux UV et d'avoir une température de fusion basse (100°). Ce type de corde peut se dégrader et casser sans que son apparence ne le laisse présager. Plusieurs cas ont déjà été relatés de corde polypro se sectionnant net sur un rocher ou en réalisant un mouflage, iI parait donc très important de souligner que ce type de corde doit être utilisé prioritairement, surtout pour les cordes d'un Ø inférieur à 10, pour des techniques de lancer et de récupération légère. Pour des manoeuvres de sauvetages lourds (tyrolienne, cravate avec mouflage, descentes en rappel ) utiliser une corde statique spéléo ou canyon.

Certains canoteurs et kayakistes au Québec ont choisi pour leur corde de "sécu" le spectra qui possède une très bonne résistance à la rupture et à l'abrasion permettant ainsi de réaliser les techniques de sauvetage lourd tout en utilisant une section plus réduite (6,5 mm, avantage aussi de mettre plus de corde dans son sac). Le spectra a cependant l'inconvénient d'être cher et de se gorger d'eau.

La longueur de la corde

C'est une question importante mais où chacun doit trouver sa réponse. Pour une utilisation efficace en rivière, une longueur de 12 m est un minimum. Considérant aussi nos possibilités de jet de corde (force et précision), une longueur de plus de 25 m ne servira pas à grand chose sur un sauvetage en lancer. Vous pouvez donc faire l'essai à terre et connaître vos capacités. Il est impératif lors des lancers d'estimer la longueur de corde dont vous aurez besoin pour atteindre la cible. S'il est intéressant d'avoir un peu plus de corde que la distance nécessaire pour que le sac soit en effet entraîné moins vite par le courant (car la corde continue à se délover du sac), autant il faut éviter de lancer tout votre chargement de corde sur la cible. Avoir un paquet de "nouilles" inutile risque de ligoter ou d'étrangler votre meilleur ami (sans compter que la corde peut se coincer très facilement). Nous recommandons aux professionnels, mais aussi aux kayakistes et canoéistes qui partent en terrain d'aventure d'avoir deux cordes : une petite corde de 12 à 18 m que vous aurez toujours sur vous et une corde plus longue (de 20 à 28 m) que vous accrochez dans votre embarcation.

Le flotteur

Le sac à corde doit flotter pour que le naufragé puisse le repérer et l'attraper.

Plusieurs systèmes existent, le plus répandu étant une rondelle de mousse américaine de 20 à 25 mm d'épaisseur qui est fixée au fond du sac par la corde. On trouve également le flotteur en plaque de mousse incorporé dans les parois du sac, le flotteur en forme de balle qui donne de très bons résultats sur les lancers de corde en second jet (l'inconvénient est son volume). Il faudra vérifier de temps en temps que le flotteur n'a pas été détérioré.

 

Noeuds, poignées et mousquetons

Pour l'assemblage de la corde et du sac, des poignées de préhension sont faites avec des noeuds de 8 car ils affaiblissent moins la corde que de simples noeuds de vache et restent faciles à défaire même après avoir été mis en tension. Ces noeuds sont également assez gros pour bloquer le flotteur et la corde au niveau du système de fermeture (noeud d'arrêt). Pour les deux poignées, nous préconisons qu'elles ne soient pas trop grandes (pour y passer au maximum trois doigts). En effet une personne engageant toute sa main jusqu'au poignet dans une telle boucle pourrait se trouver prisonnière de celle-ci sous la pression du courant. Si on préfère avoir une large poignée de sauvetage sur le sac, il faudra alors mettre un gainage en plastique qui rigidifiera la boucle et permettra d'éviter ce risque tout en amenant un confort dans la préhension. On accroche généralement un mousqueton sur la boucle du lanceur qu'on laissera dépasser sac (bloqué par le noeud d'arrêt). Il est cependant prudent de rentrer cette boucle et son mousqueton si la corde risque de s'accrocher (lorsqu'on la porte à la ceinture, sur une embarcation ouverte). Le mousqueton servira à relier rapidement deux cordes de sécu, à encorder un équipier... il pourra être également fixé sur la poignée de sauvetage pour mousquetonner la corde lors d'un cravatage. On évitera de le mettre dans cette position lorsqu'on envoie la corde à un nageur (attention aux dents).

Comment lover la corde

Pour que la corde puisse sortir librement du sac sans s'emmêler lors du lancer ou lorsqu'on déroule quelques longueurs, il convient de la rentrer méthodiquement par sections de 10 à 20 cm qui iront se lover en serpentins bien empilés dans le sac. On touche ici l'handicap du sac à corde car si il est efficace sur son premier jet, son temps de "rechargement" (estimé autour d'1mn) ne permet pas d'être opérationnel lorsqu'il faut réaliser rapidement des jets successifs (cible difficile à atteindre, plusieurs personnes à récupérer...). Il est donc primordial de posséder des techniques de lovage rapides qui permettent de relancer la corde. Une des plus utilisées consiste, dans le même temps où vous ramenez votre corde (délovée dans le courant), à la lover proprement en anneaux d'une circonférence qui correspond à l'envergure de vos deux bras et de lancer ces anneaux avec le sac (60 à 90% de longueur de votre corde selon votre puissance) en direction de la cible. Une technique très rapide sur de petites distances (en dessous de 10 m) est de lover votre corde en aller-retour d"une longueur de 40 à 60 cm que vous maintenez par le milieu. Ces techniques sont à travailler régulièrement pour qu'elles soient efficaces sur le terrain.

Où fixer sa corde en sac

II est primordial d'avoir sa corde à portée de main. Il faut prendre ce réflexe lorsque vous débarquer pour reconnaître un rapide, regarder vos équipiers franchir un rapide, enseigner sur une veine d'eau-vive... Avoir sa corde avec soi permet de gagner du temps si vous devez réagir face à une situation ou quand vous mettez en place un poste de sécu. Elle peut être fixée dans l'embarcation (mousquetonnée sur la sangle dorsale, dans un emplacement entre les jambes, sur le flotteur en nage eau-vive...). Sur les embarcations ouvertes comme le canoë ou le raft, il est préférable d'attacher la corde par une boucle d'accrochage qui est fixée sur l'enveloppe du sac, car si vous l'attachez par l'une de ses extrémités, la corde peut se délover plus facilement sous son poids lors de mouvements brutaux (comme le dessalage par exemple). Vous pouvez avoir votre corde fixée sur vous à condition d'être sûr à 100% qu'elle restera bien à sa place même si vous deviez nager car si la corde sort de son sac cela devient extrêmement dangereux pour vous. je conseille aux canoteurs, aux guides rafteurs d'avoir une corde autour de la taille (18 mètres maximum) avec le système ceinture d'attache qui se prend sur le sac (et non pas avec la corde) muni d'une attache rapide.

Vous pouvez vous-même vous la fabriquer si votre fournisseur ne la fait pas. Pensez seulement à toujours bien rentrer l'extrémité libre de la corde avec son mousqueton dans le sac pour que celle-ci ne s'accroche nulle part. Une solution qui fonctionne très bien est de la placer sur son gilet notamment dans la poche arrière.

L'utilisation de la corde de sécu

II est difficile de détailler toutes les techniques et "ficelles" se rapportant à l'utilisation de la corde dans nos disciplines. Certains livres le traitent très bien (voir la rubrique "Pour en savoir plus sur l'utilisation des cordes de sécu"), nous voulons seulement vous donner dans ce chapitre une vue générale de ces techniques.

La corde en sac est utilisée principalement pour le sauvetage des navigateurs en difficulté et la récupération du matériel.

On peut dissocier dans ces situations trois groupes de techniques d'intervention :

1-Les techniques de lancer de corde

Ces techniques consistent à lancer une corde à une ou plusieurs personnes conscientes qui peuvent être à la nage, bloquées sur un obstacle, sur la rive opposée ou sur une embarcation en difficulté (raft coincé dans un rappel...). Il y a alors deux cas de figure pour le lancer :

a) il est préparé à l'avance sur un poste de sécurité que l'on aura choisi selon différents critères :

- par rapport aux difficultés situées en amont mais aussi en aval du cours d'eau.

- son champ de visibilité,

- la possibilité d' amener sur la rive à 1'aide d'un contre-courant la personne en difficulté,

- le moyen de se caler pour résister à la traction éventuellement la présence d'un arbre pour faire un tour mort avec la corde (il est préférable de ne pas attacher la corde à un point fixe et si c'est absolument indispensable réaliser un n7ud largable )

b) le lancer est improvisé dans une situation urgente. Il s'agit alors d'être juste dans sa prise de décision, rapide dans son geste et d'avoir un lancer efficace. Il est utile de souligner que certains accidents très graves se sont produits lors d'une utilisation mal réfléchie de la corde.

Par exemple : lancer une corde d'une embarcation qui dérive (cas du guide rafteur qui veut recupérer un membre de son équipage sur une rivière encombrée par des blocs et des pratiquants) ou lancer tout un paquet de corde sur un nageur, celle-ci peut se coincer et devenir un piège mortel (avoir une corde de sécu c'est bien, avoir un couteau également c'est encore mieux)*.

Dans ces deux cas, le lanceur de corde devra armer sa corde (ouvrir le sac, prendre un ou deux anneaux dans sa main qu'il ne lance pas pour pouvoir jouer avec la traction, enlever de la corde si la distance est courte) et attendre que la personne en difficulté puisse atteindre sa corde (attendre que la personne remonte à la surface), attirer son attention (l'appelée siffler, faire des mouvements...) Pour lancer il y a deux technique de jets qui reviennent souvent :

- à bras cassé (le geste est celui du lanceur de javelot) pour des distances courtes,

- à la cuillère (geste du bouliste) pour les distances supérieures à 10 mètres.

La position du lanceur sera perpendiculaire à la rive le regard portant au-dessus de l'épaule. Il est important de toujours prendre en compte la dérive du nageur dans un courant et viser dans ce cas-là légèrement sur l'avant. Il faudra également prévoir de relancer sa corde si on a raté sa cible ou s'il y a plusieurs personnes (voir chap : comment lover sa corde).Ces gestes demandent de l'habitude et il n'est pas ridicule de les pratiquer lors de simulations.

Concernant la personne qui attrape la corde :

celle-ci après avoir saisi (soit le sac, soit la poignée, soit la corde... dans ces cas-là on est pas très exigeant), doit faire attention à ne pas faire un tour mort avec la corde autour de son poignet (à fortiori autour de la tête, d'une jambe...) puis elle doit se mettre sur le dos pouvant ainsi respirer périodiquement et offrant un minimum de résistance à ses sauveteurs.

2- Les techniques d'encordement sur sauveteur (ou sauvetage assisté)

Ces techniques permettent d'intervenir sur des personnes en difficultés qui ont des problèmes à se repérer, qui peuvent être inconscientes, qui risquent de dériver dans des pièges mortels situés en aval ou qui se trouvent dans des mouvements d'eau dangereux.

Ces techniques ont été développées par les kayakistes de haute-rivière et sont très efficaces sur les rivières étroites. Elles consistent à mousquetonner une corde en sac sur un gilet harnais d'un sauveteur (ces gilets harnais permettent de se désencorder tout en conservant le gilet s'il y a un problème sur la corde). Le sauveteur peut sauter, attraper la personne en difficulté et se faire ramener par l'équipe qui est sur le bord. Il existe des variantes comme par exemple sauter avec une autre corde de sécu et mousquetonner l'embarcation ou le nageur. Le sauveteur devra faire attention à la réception de son saut (il est souvent préférable de plonger à plat pour éviter les mauvaises surprises avec le fond), à la longueur de corde entre l'équipe qui l'assure et les possibilités de son action dans le rapide.

Cette technique peut être également adaptée à l'aide d'une embarcation, le sauveteur étant sur son bateau et toujours relié par une corde (chercher quelqu'un dans un large rappel)

3- Techniques de dégagement et de décoincement

Ces techniques consistent à débloquer une personne ou une embarcation coincée par la force du courant sur un obstacle. Ce sont de loin les techniques les plus complexes et qui demandent un matériel complémentaire à la corde de sécu (corde statique, poulie, prussik, mousqueton...)

Autres utilisations de la corde en sac

La corde en sac est utilisée dans beaucoup d'autres situations, en voici quelques unes :

LA CORDELLE : La cordelle est une technique canadienne qui consiste à faire descendre son embarcation dans un rapide infranchissable (soit par la difficulté, soit par le manque d'eau) afin d'éviter un portage. Il s'agit de conduire le bateau de la rive à l'aide d'une corde fixée sur l'arrière (cordelle simple) ou éventuellement de deux cordes (la seconde étant fixée sur l'avant d'où cordelle double) en jouant sur les mouvements d'eau et les incidences de l'embarcation).

Cette technique peut être utilisée pour remonter un rapide et ainsi réaliser un halage.

Ces manipulations de corde sont très fréquentes en randonnée et en expédition avec des embarcations ouvertes (canoë, raft).

ASSURANCE : On peut se servir de la corde pour s'assurer lors de reconnaissances sur terrains difficiles (il faut être très sûr de la qualité de sa corde), se pencher au-dessus d'étroiture de canyons pour vérifier qu'il n'y a aucun obstacle, sonder la réception d'un seuil... On peut également l'utiliser comme corde fixe pour descendre jusqu'à un lieu d'embarquement, mais aussi lors d'un portage délicat.

La corde peut également servir à descendre et remonter son matériel sur des zones escarpées.

Les recommandations de CKM

 

- Avoir une corde ne signifie pas que vous résoudrez tous les problèmes liés à la sécurité.

- Votre corde doit posséder un système de fermeture très performant

- Faites sécher votre corde à l'abri de la lumière.

- Rincez votre corde afin que les grains de sable ne la détériorent pas.

- Avoir une corde c'est très bien mais il faut aussi avoir un couteau si l'utilisation de la corde tourne mal.**

- Un sac à corde polypro est limité si vous devez réaliser des manoeuvres de corde de type spéléo (tyrolienne, rappel, mouflage). Vous devez avoir avec vous un kit de corde statique 10 mm (résistance 2400kg)

- Entraînez-vous régulièrement sur les lancers en premier jet, mais aussi en second jet sans la relover dans son sac

- Ne lancez votre corde d'une embarcation qu'en dernier recours.

- En poste de sécurité lancez uniquement la distance de corde nécessaire.

- N'utilisez pas votre corde sur des descentes en rappel, pour attacher vos bateaux sur le toit, remorquer une voiture en panne.

 

*et**: l'article est antérieur à l'arrêté ministériel de mai 95 qui rend maintenant obligatoire la possession d'un couteau avec l'usage d'une corde de sécu.


CORDE DE SECURITE, SOYEZ VIGILANTS

 Extrait de CANOË KAYAK MAGAZINE / DECEMBRE JANVIER 1998

J'en connais qui vont sourire en me voyant prendre à nouveau la plume pour un sujet qui semble, il est vrai, me tenir à coeur. Mais suite aux événements de ce printemps, une nouvelle mise en garde s'impose quant à l'utilisation de la corde de sécu.

En effet, la corde a encore tué cette année à deux reprises, en Italie sur la Sesia. Sur un rapide CL III, un kayakiste s'est noyé en cherchant à récupérer son kayak cravaté.

Attaché, l'homme se déplaçait dans le courant pour atteindre son bateau, tandis que ses amis le retenaient depuis la berge. Après une fausse manoeuvre, le malheureux se retrouva coincé sous l'eau par sa propre corde.

Trois semaines plus tard, un guide se noyait sur le rapide de Balmuccia. Son raft s'étant re-tourné, la corde de sécurité se délova puis s'accrocha au fond de la rivière en le retenant par une boucle autour de la cheville. En France, on compte déjà plusieurs décès imputés à la corde de sécurité.

Sur les rivières, des utilisations hasardeuses de cordes sont fréquemment observées :

- des lancers de corde où l'on balance tout quand 10,5, parfois 2 m auraient suffi. Des "nouilles" se forment autour de la personne qui dérive alors tranquillement vers le rapide suivant, tandis que le sauveteur ravale son mou.

- des lancers de corde au beau milieu de rapides puissants. Le nageur ou le sauveteur n'ont alors aucune chance de résister à la traction dans les contres ou les zones de moindre courant

- des lancers de corde en plein rapide depuis une embarcation (technique souvent utilisée par les guides de raft), pour récupérer un des équipiers. Sur le Colorado, cette technique marche bien, mais sur l'Ubaye, les risques de s'emmêler dans la corde sont énormes.

- les cordes qui se coincent dans des rapides après une intervention "foireuse" sont nombreuses. Sur l'Isère, cet été, l'une d'elles resta plusieurs jours en travers du rapide des Moutons...

La mode de la corde de sécu fait rage. Tout le monde a la sienne et, depuis l'arrêté de sécurité du 4 mai 95, son emploi se généralise. Mais si la corde à lancer permet d'être très efficace dans certains cas, son utilisation systématique est rarement maîtrisée. Certains modèles disponibles sur le marché sont peu fiables et peuvent provoquer des situations parfois extrêmement dangereuses. Son emploi exige vigilance et savoir-faire.

A plusieurs reprises déjà, CKM a longuement abordé les problèmes liés à la corde de sécu et son maniement.

Je vous recommande de relire ces articles, et plus particulièrement la rubrique Sécu du n° 125. Voici cependant le rappel de quelques recommandations importantes :

1 Le système d'attache qui ferme le sac où se trouve la corde doit être fiable et résister à toute épreuve de retournement, dessalage, natation prolongée...

2 Pour ceux qui portent la corde sur eux, le système doit être largable et ne présenter aucune boucle apparente qui pourrait s'accrocher dans les branches.

3 Lancer uniquement la longueur de corde nécessaire pour atteindre la cible.

4 Avoir une corde implique également un couteau pour couper en cas d'urgence.

5 La corde doit flotter.

6 Utiliser le gilet harnais avec attache largable lorsque l'on s'encorde. C'est sans doute une des techniques de récupération les plus efficaces sur les rivières étroites et que l'on doit privilégier.

7 La corde de lancer est efficace pour des interventions depuis la rive, mais il est très aléatoire de la lancer d'une embarcation (à utiliser uniquement dans les cas extrêmes : mieux vaut une mauvaise nage qu'un coincement par corde !).

8 Ne pas faire de tour mort autour des poignets pour se faire ramener au bord.

9 La corde de sac permet d'intervenir sur tout ce qui est coincement, cravate, traversée de courant.

10 Bien relover sa corde après s'en être servi.

11 Apprenez et entraînez-vous à l'utiliser.

 

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