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Naviguer seul

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Par Philippe DURAND

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Naviguer seul, par Philippe Durand

Nota : ce texte s'adresse à des pratiquants avertis connaissant parfaitement les dangers potentiels liés à l'eau vive.

Au risque de m'attirer la foudre de certains, je vais vous exposer ce que je pense de la navigation seul. Loin d'en faire l'apologie, ni même la conseiller, j'aimerais asséner quelques vérités et lever certaines hypocrisies ou procès d'intention, qui parfois m'hérissent le poil.

Quelques exemples :

- Une personne encadre seule un groupe sur un parcours. Pensez-vous objectivement que cette personne n'est pas capable d'effectuer seul ce parcours en sécurité ?

- Pensez-vous qu'à tout moment un descendeur en compétition ou lors de ses entraînements a quelqu'un derrière lui pour le sauver d'un mauvais bain ?

- Lors d'une navigation dite "de groupe", l'engagement est parfois tel que la cohésion est mise à mal. Vous vous retrouvez en dernière place et les autres sont 200m plus bas : il est clair que si vous avez la malchance de tomber dans un rappel vous ne pouvez guère compter que sur vous même pour vous en sortir. Cette situation est dangereuse, stressante, voir traumatisante, surtout la première fois.

Un ouvreur est parfois dans une situation équivalente à une navigation seul. La sécu ne peut parfois pas être assurée pour lui (cas de la reconaissance impossible de la berge par exemple).

Il y a ainsi de fréquentes situations où on est seul face à la rivière, y sommes-nous consciemment ou inconsciemment préparé ?

Ok pour une navigation en groupe qui ne soit pas une illusion, sinon autant naviguer seul, car les prises de risques ne seront guère supérieures, et au moins les choses seront claires dès le départ !

Il m'est arrivé à plusieurs reprises de naviguer seul sur des parcours sportifs que je connaissais bien pour la plupart, faute de trouver des coéquipiers.

J'ai alors éprouvé un certain plaisir à ne pas stresser pour les autres, à ne penser qu'à la rivière en faisant corps avec elle, le temps d'une descente.

Précautions :

Il est clair que seul, les marges de sécurité sont réduites et le risque de perdre du matériel est plus important voire dramatique.

Retrouver des marges c'est par exemple :

Naviguer 1 classe de rivière en dessous de ses capacités théoriques, avoir une grande rigueur dans les reconnaissances, porter certaines difficultés qui auraient été possible à plusieurs (petits rappels...), avoir un esquimautage à l'épreuve des balles (pour reprendre des expressions du forum), choisir correctement son matériel (bateau, gilet, casque, tenue vestimentaire, ...), éviter les parcours engagés où une perte de matériel pourrait mettre en cause son intégrité, avertir une tierce personne du parcours.

Responsabilités :

Je comprends tout à fait qu'un règlement intérieur de club interdise ce genre de pratique. Un accident entraînerait vraisemblablement la responsabilité du président, compte tenu des préconisations fédérales. Ce genre de navigation ne peut donc se concevoir que si on navigue avec son propre matériel.

Conclusion :

Ne comptez pas sur moi pour clouer au pilori tel ou tel individu qui navigue seul, car moyennant certaines précautions, objectivement, il n'y a pas plus de risques qu'un long trajet sur la route, ou qu'une descente en groupe où chacun regarde son nombril.

Il n'en reste pas moins que la navigation en groupe est humainement et techniquement plus riche. Elle fera l'objet d'un autre texte, diamétralement opposé : naviguer en groupe de 10 et plus.

 

 

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