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Pourquoi reparler de l'accident d'Amélie ?

Pourquoi reparler de l'accident d'Amélie ?

par Philippe Durand

CKM aout septembre 2000 : Lettre de Mme Chantal Seubille (avec l'autorisation de CKM)

CKM octobre novembre 2000 : Lettre de Daniel Bonnigal à Mme Chantal Seubille (avec l'autorisation de CKM)

Le jugement du 28 novembre 2002

 

 

Plusieurs raisons m'ont poussé à cela :

  • cet accident a été évoqué à plusieurs reprise sur le forum d'eauxvives.org, sans que l'on puisse véritablement apporter des éléments concrets faute de savoir exactement ce qui s'était passé. Le risque est alors grand de raconter tout et n'importe quoi.
  • Certains compétiteurs de haut niveau pensent que les accidents n'arrivent qu'aux touristes non formés à l'eau-vive ou jugent inutile le port de gilet harnais et de chaussons néoprène (pour soit disant éviter les coincements comme Amélie), ce qui me paraît aberrant.
  • Signaler que les bassins aménagés pour la pratique de l'eau-vive, semi artificiels ou complètement artificiels, présentent les risques inhérents à l'eau-vive, et ne doivent pas faire l'objet d'une sous estimation particulière, même si on les pratique au quotidien.
  • certaines personnes du club de Lionel voulait que l'on parle de sa condamnation. Lionel était favorable pour monter un dossier constructif sur l'accident; nous attendons un témoignage de sa part. J'avais moi même émis le souhait sur le forum que l'on parle plus de la jurisprudence en canoé kayak pour essayer de cerner à quoi s'expose l'encadrement en cas d'accident. A la lecture du jugement du tribunal de Gap du 28/11/2002, on peut voir que le non respect de l'arrêté de mai 1995 a failli coûter cher à Lionel.
  • il semble que depuis l'accident, de bonnes actions ont été entreprises à la FFCK, mais que ces actions restent trop sporadiques et devraient être généralisées au niveau de chaque comité départemental afin qu'une mobilisation autour de la sécu en eau vive soit entreprise. Des formations ont été menées à l'initiative de certains clubs (CKC Annecy par exemple), mais restent trop peu nombreuses.
  • je ne pouvais décemment évoquer l'accident d'Amélie sans l'approbation de la famille : j'ai reçu un écho très favorable. Non seulement la famille souffre de l'accident de leur enfant mais elle a aussi beaucoup souffert de la "chape de plomb" fédérale qui a suivi. Avant la plainte, le courrier adressé par la maman d'Amélie à CKM était vibrant et appelait à une plus forte mobilisation fédérale; la réponse de Daniel le numéro suivant (avec la préconisation tête la première dans un rapide) ne m'avait pas convaincu, et reste en contradiction avec les positions sécus qui sont enseignées encore aujourd'hui
  • il est indispensable d'apprendre à ne pas marcher en eau vive à nos jeunes et moins jeunes, mais il y a une phase transitoire où le mauvais réflexe, celui par exemple de se relever en sortant de son bateau pour respirer est toujours possible. Amélie ou d'autres ont pu ou pourront par panique se retrouver coincés dans cette phase là. Pour réussir à dégager ces personnes, il y a peu de temps disponible, les techniques ne s'improvisent pas et chaque seconde compte. Les initiateurs et les moniteurs devraient être formés à ces choses là, ainsi que les compétiteurs (et tout pratiquant en eau vive d'ailleurs) pour pouvoir contribuer à un sauvetage le jour venu
  • Essayons de faire progresser les comportements sans enlever les plaisirs de ce sport. Si vous ne l'avez pas encore fait, lisez le doc de Jean Lamy Pédagogie du risque , tout y est exposé de manière on ne peut plus limpide. Le risque 0 n'existe pas, personne n'est parfait et l'accident est toujours possible ; mais avec plus d'anticipation de tous et de formation, Amélie, elle, aurait peut être pu s'en sortir. Oeuvrons tous ensemble pour qu'il n'y ait plus d'accident de la sorte !

 

Nota : à la lecture du guide canoé+ 2004 p37, on voit se dessiner une nouvelle mouture des pagaies couleurs, avec un accent mis sur la sécurité, puisque dès le niveau pagaie verte, des préconisations pertinentes sont données sur le thème "aisance aquatique - bien nager" en rivière. Le dossier d'Amélie pourra donc servir d'exemple à tous les formateurs pour insister sur ce point-là.

 

Amélie Seubille, 16 ans, est décédée sur le bassin de l'Argentière-la-Bessée le 4 juillet 1999, la jambe piégée dans un enrochement, à quelques mètres de la berge, au cours d'un entraînement slalom avec son club.

 

CKM aout septembre 2000 : Lettre de Mme Chantal Seubille (avec l'autorisation de CKM)

CKM octobre novembre 2000 : Lettre de Daniel Bonnigal à Mme Chantal Seubille (avec l'autorisation de CKM)

Le jugement du 28 novembre 2002

L'arrêté du 04 mai 1995 et son guide de lecture (FFCK)



 

 

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